Part ça, l'est quand même beau le moulin. Tout semble tourner normalement, sans efforts particuliers, sans bruits bizarres. En tout cas, lorsque je le tourne à la main !


Patrick, du MC Les Barbours, m'a proposé de me les rayonner. D'abord les deux de la moto, puis celles du side. Je suis passé le voir cette après midi, il y avait une vieille Jawa comme neuve sur sa table élévatrice, un bicylindre au carburateur enfermé derrière un joli cache aileté, comme celle-ci :

Par ailleurs, il remontait une BSA triple ex-chaipuki, dotée d'un frein avant Fontana en magnésium qui à lui seul rembourserait la dette extérieure du Tadjikistan.
Il remonte également un beau Yamaha 750 TX couleur or, avec l'aide de Julien Charnolé, le motoriste qui a bossé sur les répliques de Honda-6 de Georges Beale. Comme d'habitude quand je vais le voir, je passe pour cinq minutes et en fait je discute une plombe... Quand on sait le nombre de motos qu'il a restaurée ( 125 Flying Léopard, T500, 500 Mach III, GT 750, plein de Yam 125 dont la 7ème AT1 importée en France, et d'autres... ), c'est une mine de trucs, d'adresses, de coup de mains.
Aujourd'hui, Paulette et moi sommes allés parcourir la campagne sarthoise embrumée pour récupérer les quatre moyeux, donnés à polir. Alors, vraiment, pour les 40 euros demandés, c'est pas la peine que je passe des heures à faire ça avec mon pauvre matériel monté sur ma perceuse coincée dans l'étau. Pour vous donner une idée : voici l'état des moyeux avant :

Et voilà après :

Même les marques de fonderie ont été gommées. C'est beau, hein !? Peu de Dnepr à travers le monde peuvent s'enorgueuillir de posséder de tels moyeux. Du coup, je me demande si je vais réellement réutiliser les jantes même pas rondes en acier peintes en noir. J'ai un peu envie de coller de belles Radaelli chromées, ça fera moins deuil, et elles risquent d'être moins patatoïdes. Ca vaut 50 euros le bout, ceci dit. Bref, je réfléchis, mais je pense que mon prochain extrait de compte me donnera la solution. Notons également que le rayonnage pourrait être un poste budgétaire non négligeable, si je ne parviens pas à le faire moi-même.
Les rayons sont eux comme neufs, ils sont revenus du zingage ( pas de photo sous la main ), mais les écrous étaient un peu beugnés par le démontage. Du coup, j'ai chargé le responsable import du Garage Polaroil, Ben, d'aller en quérir à Kiev, de même que les poussoirs et les clavettes de soupapes manquantes.
Le moteur quant à lui, n'attends plus que ces pièces pour être complètement remonté, c'est à dire que seul son ensemble cylindre-culasse gauche est manquant, sinon, tout est là. J'ai remonté les pignons de distribution ( le calage est d'une facilité enfantine : faut aligner les deux repères situés sur les dents du pignon de vilo et du pignon d'arbres à came ), le pignon de pompe à huile, l'alternateur, le carter de distribution équipé d'un joint fabriqué pour l'occasion, les rupteurs et le mécanisme d'avance centrifuge, la bobine et j'ai même poussé le vice jusqu'à mettre un câble haute tension et un capuchon de bougie pour parachever l'oeuvre. Rhâââ, c'est beau.
Après remontage, je pense le monter avec sa boîte de vitesse sur un banc pour effectuer la mise au point sans attendre que le reste de la moto soit prêt, histoire de voir si l'engin démarre, s'il tourne rond et s'il crache bien tous ses valeureux poneys sans répandre de l'huile partout.
Donc, à ce jour, il reste à faire :
- la tôlerie et la peinture du panier et des garde-boues
- le remontage des roulement et le rayonnage des roues
- la réfection de la boîte de vitesse, du différentiel et du réducteur ( roulements et joints spis à changer )
- la sellerie ( retaper le siège du panier, repeindre les armatures de selle de la moto et changer la "housse" de selle du pilote )
- la peinture des amortisseurs
- le remontage final avec réglage du side
Et, bien sûr, le gros morcif, l'homologation. J'espère attendrir un peu le coeur réputé lithique du fonctionnaire de la DRIRE avec le récit documenté de cette restauration. De toutes façons, je crois qu'il est possible de payer à nouveau les frais de douanes ( le "quitus fiscal") ce qui me donnerait le droit de rouler 4 mois et demi supplémentaires, et qui faciliterai les présentations aux Mines, en évitant l'usage d'une remorque.
Avec un peu de chance, le side roulera peut-être au printemps prochain ?


Pas de difficultés, sinon que les quatres segments sont parfois délicats à mettre en place. Je prie pour ne pas en casser un, il faudrait dans ce cas que j'en recommande en Pologne, ou que j'aille en chercher en Ukraine... Tout baigne, je bloque les axes de pistons avec des circlips élastiques industriels, la mise en place des cylindres se déroule sans soucis, la forme en entonnoir de la chemise aide beauoup.
Je remonte les soupapes d'une des culasse, pour m'apercevoir que j'ai vraisemblablement paumé une clavette de soupape... Je devrais donc attendre pour remonter l'autre culasse ( Je n'ai pas de chance avec ces pièces, cet été, j'avais réussi à faire tomber une telle clavette dans le fin fond du moulin de la Twingo de la frangine...).



Ensuite, je m'applique à remonter le pignon menant de distribution sur le vilebrequin, en rabattant un peu les angles des pièces au Dremel, vu que c'est costaud à replacer. Ensuite, je frappe à l'aide d'une douille et d'un marteau pour le mettre en place. La clavette se met de traviole, je suis obligé de recourir à un arrache-moyeu à griffes pour recommencer l'opération.

En ce qui concerne les roues, j'ai pu découvrir combien le rayonnage est une opération délicate en tentant de la pratiquer avec Manolo Polaroil sur une jante arrière de 650 XS. Bilan, elle est bien montée, pas voilée, mais le saut ( mouvement de haut en bas à la rotation ) est d'environ 3-4 mm. Je suis bon pour recommencer. ca promet pour les quatre roues du Dnepr. M'enfin, de ce côté ça avance, les rayons ont été zingués, et les moyeux ont été confié à un polisseur, vu la modique somme demandée pour l'opération (40€), ça valait pas le coup d'y passer des heures avec la perceuse.
A suivre...
Et c'est beau.
Je le prouve par une photographie de mauvaise qualité prise avec mon téléphone :

Enfin, j'ai poli le carter d'allumage parce que j'en avais envie :-).