Restauration d'un Dnepr MT-16

 

Présentation

Ce blog est consacré à la restauration d'un Dnepr MT-16, deux roues motrices acheté en Ukraine en décembre 2004. Les tribulations du choix, de l'achat et du rapatriement de l'engin ont été racontées avec force détails sur le groupe fr.rec.moto, et l'on peut avoir une idée précise du paysage motocycliste ukrainien sur  le site du Garage Polaroil. Si vous désirez être prévenu de l'évolution des travaux, n'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter. Vous pouvez également laisser vos commentaires tant mécaniques qu'amicaux, ou encore vos remarques acerbes, mais t'ention, là, c'est à vos risques et périls.

Le budget global de l'opération est consultable ici.

Paulo Polaroil

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Mercredi 6 septembre 2006
Je reviens à l'instant de chez l'entreprise de mécanique générale à qui j'ai confié le bloc moteur embiellé et les culasses. Lorsque j'ai déposé la ferraille, ils devaient me rappeler pour un devis. Mais lorsque j'ai interrogé le taulier aujourd'hui, il m'a annoncé que le boulot avait été fait... Belle manière de capturer la clientèle !
Il m'annonce un coût de 300 euros (gasp !). Les coussinets ont été ajustés aux manetons, le jeu latéral du vilo a été retouché ( une bague du support de palier avant rectifiée ), les quatre guides de soupapes sont neufs, les quatre sièges sont rectifiés, et les pignons de la pompe à huile ont été également rectifiés, car ils ne tournaient pas librement, une fois le carter serré. Bon. Le tarif me semble raisonnable au vu du boulot, même si les pratiques commerciales de la boîte sont curieuses.
J'ai plus qu'à trouver 300 euros, et me remettre au boulot pour remonter le tout. A priori, rien ne s'oppose à ce que le moteur tourne bientôt, à part un emploi du temps chargé en cette période de rentrée scolaire.
par Paulo Polaroil publié dans : polaroil
Vendredi 25 août 2006
Longue interruption à nouveau, d'autres machines du Garage Polaroil nécessitant des soins, mais l'été bientôt passé m'a redonné envie de rouler à trois roues, et la section sudiste du Moto Club Polaroil s'est montrée impatiente d'essayer l'engin. Autant de raisons pour se remettre au boulot.

En attendant de réunir assez de blé pour faire effectuer le boulot de mécanique ( remplacer les guides, rectifier les sièges tant qu'à faire et rectifier le vilo, car les bielles ne tournent pas bien autour des manetons lorsque les chapeaux sont serrés :-( ), j'ai décidé de m'attaquer aux roues. Bien plus nombreuses que sur une moto, elles sont ici au nombre de quatre ( oui, il y a une roue de secours ). Le plan prévu est de démonter les roues, faire sabler et repeindre à l'epoxy noir les jantes, faire zinguer les rayons, microbiller les moyeux,  effectuer un pré-remontage et confier la fin du rayonnage à un pro (pas fou le Paulo, pas envie d'avoir des roues en 8). Budget prévu : 35 euros de zingage, une bouteille de pastis pour le sablage et la peinture. L'inconnue reste le coût du rayonnage chez Armand Champion. J'ai fais un petit devis en matant le site de "Macadam 2 roues", si j'achète 4 jantes chromées et 160 rayons, j'en ai pour plus de 250 euros, hors rayonnage, je choisi donc l'option jantes peintes.


Préalable, je dois enlever le pneu qui reste sur la roue de secours, dont j'ai déjà prélevé la  chambre à air. Puis, je mesure le déport du moyeu par rapport à la jante, afin de remonter correctement l'ensemble, plus tard.





Ensuite, je recherche la clé à rayon dans le foutoir du garage Polaroil. Ah, mais cette dernière n'est prévue que pour les rayons de Yam'. Trop petite. Je m'empare d'une clé plate de 7, et commence à massacrer l'embout d'un rayon, non sans avoir arrosé le fond de jante de dégrippant. Finalement, c'est à l'aide d'une pince multiprise, et d'une pince étau dans les cas les plus délicats, que j'extirpe les 40 rayons. Du coup, les embouts filetés ont un peu une sale gueule, mébon, ils resserviront.


Note pour plus tard : marquer sur un petit carnet le déport de la jante, car le feutre noir ne suportera peut-être pas le microbillage ...



Ayé, ma première roue est dérayonnée, ça m'a pris une heure. Ah, mais c'est qu'il est 15 heures, je vais chercher Ben à la gare, de retour d'Ukraine. Il m'a gentiment ramené une notice d'utilisation du Dnepr MT-16 en français, ainsi que deux petits badges soviétiques et motocyclistes. Merci Ben !





par Paulo Polaroil publié dans : polaroil
Mercredi 17 mai 2006
J'ai reçu de Pologne (Oldtimer Garage)  un petit colis contenant un pompe à huile neuve (28 euros) pour remplacer celle dont l'axe est irrémédiablement tordu (voir articles précédents). Il y avait aussi une paire de roulements coniques de fabrication prétenduement suisse ( hum ) pour la colonne de direction (45 euros). C'est plus cher qu'en ukraine, mais moins que chez mon vol^^concessionaire Yamaha, par exemple.



Côte à côte, les deux pompes à huile montrent une denture différente, pour une plus forte pression d'huile sans doute ( on peut rêver ). A gauche la nouvelle, à droite l'ancienne.



Je vais donc pouvoir refermer le bloc moteur en montant la pompe à huile sur le support de palier avant de vilebrequin. Cela se fait sans trop de problème, mais j'ai un souci de taille : une fois le support serré, la pression est telle sur le vilebrequin qu'il est malaisé, voir difficile de faire tourner le volant moteur.... :-(

Je vais démonter du côté volant, pour voir si le roulement à rouleaux est bien appliqué contre le circlip d'arrêt, j'espère ne pas avoir à faire rectifier quoi que ce soit à nouveau...

par Paulo Polaroil publié dans : polaroil
Mercredi 17 mai 2006
Amis des mécaniques improbables, bonjour.

Si le blog n'a pas été mis à jour fréquemment, les travaux se succèdent au chevet du bicylindre soviétique. Les culasses sont l'objet de soins attentifs ( qui a dit palliatifs ? ). Leur démontage a révélé des soupapes usées, qui sont remplacées par des neuves, de fabrication ukrainienne. La chambre de combustion est décalaminée et bien nettoyée. Les sièges, simplement piqués, sont rénovés par un rodage soigneux des soupapes. Par ailleurs, les conduits d'admission sont alignés : les marques de moulage, les angles sont meulés au Dremel, afin de permettre un meilleur écoulement de la veine gazeuse. Avec ça, je vais gagner au moins 0.025 cheval. Pas de polissage quand même, c'est pas un moulin de course, hein.



Tout ce travail est effectué sur la culasse gauche, le test d'étanchéïté à l'essence est concluant : rien dans les conduits après 10 minutes. J'attaque ensuite la culasse droite, mais le démontage révèle bien vite l'usure excessive des guides de soupapes. C'est sans doute par là que le piston droit aspirait de l'huile et la recrachait dans les pots. Bon, le tournage et la mise en place de guides neufs n'étant pas à la portée du Garage Polaroil, me voici une fois de plus obligé de recourir à la sous-traitance. Dédé, viens m'aider ! Je vais bien sûr faire changer les quatre guides, même si ceux de la culasse gauche sont en meilleur état ( lubrification asymétrique ?)



par Paulo Polaroil publié dans : polaroil
Dimanche 23 avril 2006
"Les gros monos, les twins jap's, les Vespa, tout ça, ça ne doit pas empêcher Paulo de mener à bien sa mission", me dis-je ce week-end, in petto et en moi-même. Et ça tombe bien, Dédé, rectifieur récemment retraité, vient de me redonner mon vilebrequin; il a monté les coussinets neufs sur les bielles du vilo donné par Bohdan, adapté et percé les bagues de pied de bielle, extrait les vieux et monté les nouveaux roulements. Par ailleurs, il a rodé légèrement  les alésages d'axe de piston, car ceux-ci ne rentraient pas...








Un grand merci à toi, Dédé !

Du coup, plus rien ne s'oppose à ce que je remonte le moteur. Au boulot.
Je commence par mettre en place la cage extérieure du roulement à rouleaux d'appui arrière du vilebrequin dans le carter moteur. Je place le circlip d'arrêt, je chauffe au chalumeau à gaz la circonférence de la portée pendant quelques minutes, je présente la cage du roulement, je tape un peu sans tout niquer, et voilà que ma cage a bien sa place. Ensuite, puisque je suis là, je monte le joint spi qui va avec. 85mm de diamètre, l'animal. Je me sert d'un vieux piston (de Dnepr) comme martyr pour le placer, en tapant avec mon maillet en plastoque. Ca rentre, pas facilement, mais ça rentre.

Je place le vilo, avec les bielles démontées, pas de souci. Je monte les chapeaux de bielles, puis les bielles. Je présente les écrous... Ah tiens, c'est quoi comme couple de serrage ? Voyons le manuel... "Serrer et goupiller les écrous des boulons de bielle tout en veilant à ce que la bielle doit pivoter librement sur le vilebrequin" Hum. J'aurais préféré une valeur chiffrée en m.kg, moi. Parce que, quand je serre, avec ma main dynamométrique, à environ "bien serré", eh bien la bielle, elle pivote pas complètement librment, faut l'aider. J'imagine que le film d'huile entre maneton et coussinet va pas trop se poser la question, lui. Il va pas passer et puis c'est tout. Voyons ce que ça donne en serrant plus. Mode " bien, bien serré, avec un p'tit bras de levier de 10 cm". Miracle, du coup la bielle tourne librement. C'est bien fait tiens. Pour l'autre bielle, même méthode, mais la, ça coince. Si je serre comme précédemment, la bielle pivote, mais pas librement. Bon. J'vais interroger les manitous du flat russe, avant de goupiller les écrous.

Passons à l'arbre à came : chauffage léger de la portée du roulement arrière, placement de l'arbre en tapotant légèrement, tout baigne. Je place l'appui avant sans problème.

Bon, ça progresse. Je vais pouvoir monter le support de palier avant de vilebrequin :



J'examine le bitoniot, que vois-je !! Le montage précédent (en usine ?) a forcé sur la circonférence de la pièce, ce qui a formé un bourrelet d'alu, arraché sur la paroi. Bourrelet que je meule au Dremel, hop :



Ce bourrelet épais de deux millimètres n'était peut-être pas pour rien dans le jeu longitudinal du vilebrequin, constaté alors que la moto roulait encore.
De toutes façons, au remontage, je mettrai un fil d'étain entre ce support et le roulement du vilo, pour voir s'il reste un jeu à combler ( méthode décrite ici, pour la rénovation de la boîte ).

Vous avez vu, je parle du remontage au futur... pourquoi ? parce que je ne peux pas fermer le carter, à cause de la pompe à huile, ou plutot de son axe menant, que j'ai trouvé dans cet état là :


(cliquez sur l'image pour la vidéo de 500 ko, format AVI)

Pour ceux qui ont la flemme de cliquer (y'en a !), l'axe de la pompe est tordu. Alors, forcément, lorsqu'il est enfermé dans le petit espace de la pompe, avec quatre vis qui le compriment, eh bien, il tourne pas bien. Pas bien du tout, même, et c'est très étonnant que la pompe ait fonctionné jusque là.

Comme je doute de réussir à le remettre en ligne, je n'ai que la solution de le changer. Quelqu'un, parmi mes fidèles lecteurs, aurait-il cette pièce quelque part  ? Ou dois-je commander la pompe entière chez Oldtimer Garage, en Pologne, à un prix prohibitif (28 euros) ?

Bon, à part ça, j'ai tout de même avancé un peu, et ça se voit :



par Paulo Polaroil publié dans : polaroil
 

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Ces deux docs sont en français, merci à l'Amicale et à Popov
 
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